Facéties littéraires

S’il te plait, dessine-moi…

S’il te plait, dessine-moi ton cœur qui bat. Avec des lignes rouge et bleu, des veines et des artères d’amour et de haine.
S’il te plait, dessine-moi sa vie, avec ses pleins et ses délier, ses rires et ses pleurs.
Ne prends pas trop de temps, ne t’applique pas, ne te prends pas pour Michel Ange ou Salvador Dali.
Reste toi-même et raconte moi ton histoire. Prends ton courage au cœur de tes mains, ferme tes yeux et laisse toi porter.
Feutres, crayons, craies grasses ou plume, saisis ce que tu veux
mais,
S’il te plait, dessine-moi ton cœur qui bat.
Montre moi qui tu es, pour que je sache si je t’emmène, que je comprenne ce qui le fait frémir, bondir, sourire ou crier.
Je voudrais voir ta main qui hésite, observer ton œil épier la page blanche, entendre ta respiration quand tu perds ton souffle.
Je l’imagine délicat et généreux ; encore en vie mais à bout de force. Je voudrais l’entendre comme on écoute le vent dans les feuilles d’un arbre en devenir. Je voudrais le voir frémir derrière ta peau, tremblant, rythme saccadé ou régulier.
Quand tu en auras assez de te méprendre, que ta journée aura été longue, que ta nuit dissimulera tes lignes, esquissées sur ta feuille ;
S’il te plait dessine-moi une ligne d’horizon.
D’un signe tracé avec vigueur ou hésitation, imagine la pour moi, claire et parsemée de lumières joyeuses.
S’il te plait, dessine-moi l’espoir.
Accroches-y ton cœur qui bat, sans raison, juste pour ne pas oublier que tu es en vie et que ton souffle réchauffe mon atmosphère. Sirupeux, léger, lourd, acide, ténébreux, amoureux ou désarmé… peu m’importe.
S’il te plait, dessine-moi mon cœur ; que je le vois, le comprenne, le dissèque.
Ton scalpel sera mien, je pourrai le regarder en face, vérifier qu’il est encore en vie. Je retiendrai mon souffle et l’observerai suffoquer à mon tour.
Puis, tel une feuille de papier, une étoffe, je le découperai et le grefferai à même ma peau.
S’il te plait, dessine-moi sa boite, que je le range à l’intérieur, bien au chaud, pour le sortir en guise de surprise, de réconfort ou de secours.
S’il te plait, dessine-moi le vide, que je le comprenne et m’y jette comme on plonge en pleine mer les soirs de canicule et de fête.
S’il te plait, dessine-moi la fin que je l’apprivoise, qu’elle ne m’échappe plus , qu’elle soit celle qui sourit en m’entendant te dire merci.
S’il te plait, dessine moi…

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s