Venin

Esclave et déesse, drapée dans la soie, elle est la promesse du jour.
A pas feutrés, elle avance le long des alcôves, tête baissée. Du haut de sa couche, le maître des lieux la convoite. Il admire cette nouvelle ode offerte à son désir cannibale.
Elle s’approche. Entend son râle, sent son odeur fétide. Devine la salive au creux de ses lèvres. D’un regard, elle se donne à lui sans attendre. Les mains de l’homme pétrissent sa chair, dévore son corps. Mise à nue comme on pèle un fruit.
La haine enflamme ses entrailles. Face à son silence, il jubile en riant fort. Il crie en jouissant. Elle le tient. Il la pense proie, elle se vit prédatrice.
La nuit dissipe le sordide rituel.
Aux portes de son départ,  elle sourit devant ce corps endormi. Silencieusement, elle rejoint la meute des offertes. Ses pas sont lourds, ses muscles mâchés, son sexe meurtri, mais son âme légère. Le venin qui coule désormais dans les veines de son geôlier est sa plus belle victoire. Son calice, nectar empoisonné, sa plus belle vengeance.

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