En bout de plume érotique

« Chiche » me dit-elle derrière son écran virtuel, certaine que je relèverais le défi de cet appel à textes et que je prendrais ma plume. Pour voir, pour tester, tenter et jouer avec les mots et les images.
Elle savait que je ne saurais dire « non ». Elle me connait bien la bougresse.
Alors, me voilà, attablée dans ce restaurant de quartier à chercher le fil de mon histoire. Les consignes peuvent paraître simples : Ecrire une nouvelle érotique sur le thème « sea, sex and sun ».
Pourtant, en bout de stylo, je n’ai que des images floues et des représentations de pacotille ! Des mots crus ou des corps sans âme.
Je n’arrive pas à choisir mon plat, happée par une histoire qui ne se déplie pas, dont je n’arrive pas à franchir le seuil. A ma demande, le serveur me ressert un verre. A mesure que le vin rougit ma coupe, je l’observe, l’envisage. Et si c’était lui ma porte d’entrée ?
De taille moyenne, souriant, les doigts fins, il a les yeux clairs et le teint hâlé, des cheveux bouclés en bataille. Sous son pull côtelé, ajusté, je devine ses muscles. Je décide de commander mon plat et l’interroge pour qu’il m’aide à choisir. Je prends de temps de l’écouter, de saisir le tempo de son phrasé, la couleur de sa voix. Commande en main, le serveur s’éloigne. J’observe sa démarche, le rebondi de ses fesses. « Il s’appellera Paul » me dis-je.
Profitant des aller-venus des clients nombreux à cette heure, je ferme les yeux. Malgré le froid, la pluie qui ruisselle le long des baies vitrées, je m’immerge dans le brouhaha ambiant et imagine la plage, le bruit des vagues qui s’éteignent sur le sable, le vent chaud, le soleil de braise et la lumière blanche. Mon esprit se laisse prendre. Je me lance et noircis, de ci, de là, les premières idées, les premières sensations. Je décris les corps, envisage leurs odeurs, leurs grains de peau, leurs envies.
Au dessert, la trame est incertaine, mais j’ai ouvert la porte et m’avance dans le couloir brumeux d’une histoire où le désir, le plaisir ont trouvé leur place. Entre frissons et râles, excitation et jouissance.
Au moment de partir, je reste immobile au comptoir. Le serveur me voyant hésiter à affronter la bourrasque, me dit en souriant « vivement l’été ! ». Il n’a sans doute pas compris pourquoi mon acquiescement s’est prolongé d’un large rire.

L’histoire « Noyade Sensuelle »  a donc été conçue sur un coin de table, un jour de pluie.
Elle n’a pas été  retenue par les Editions La Musardine  pour leurs appels à texte sur le thème sea sex and sun, mais je suis heureuse de m’y être essayée.
Peut-être une prochaine tentative sera-t-elle retenue pour le prochain recueil ? Peu importe. Une amie m’a aidée à franchir une nouvelle porte, et ce pas là a déjà le goût de la jolie victoire !

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