« Le sel de la vie », à consommer sans modération

Françoise Héritier est (était) une grande dame. De celle qui ouvre la voie, donne à voir, à comprendre, de celle qui libère. C’est surtout à travers ses écrits anthropologiques que nous la connaissons.
Dans ce dernier ouvrage, elle nous offre « une fantaisie », comme on offre une part de gâteau préparé avec amour, un poème aux lettres déliées, un silence protecteur, un sourire vivifiant.

Elle s’essaye à établir une liste de choses « très sérieuses et très nécessaires pour conserver du goût ».
Je m’y essaye aussi : Humer l’odeur du feu de bois qui crépite, rire avec ses ami.es, sentir la chaleur d’une bonne douche sur sa peau glacée, déguster un bon vin, rire d’avoir râté la cuisson du plat, se réveiller et se dire que l’on peut se rendormir, râler devant un film trop ceci ou trop cela, se faire réveiller par son chat, insulter un chauffard, s’installer dans le train, prendre ses enfants dans les bras jusque « comme ça », dire « je t’aime », rebrousser chemin, étendre son linge alors qu’il y a du vent, téléphoner et parler de chose et d’autres, lire un livre et souligner les passages qui nous plaisent même (surtout) parce que cela ne se fait pas, écrire ce qui nous passe par la tête, regarder la lune qui se lève, mettre en boucle un morceau de musique jusqu’à ce qu’il nous rentre dans le corps, danser, couper du pain, rêver les yeux ouverts en regardant l’horizon…

A vous d’écrire la vôtre !

« Ce livre plaide pour que nous sachions reconnaître non pas simplement une petit part ingénue d’enfance, mais ce grand terreau d’affects qui nous forge et constitue sans cesse de nous forger, êtes sensibles que nous sommes. Pour que nous ne soyons pas simplement obnubilés par des buts à atteindre – des carrières à faire, des entreprises à commencer, des rentabilités à assurer-, en perdant de vue le « je » qui est en lice. Pour que nous sachions que, sous-tendant l’exploit sans cesse renouvelé de vivre, se trouve ce moteur profond qu’est la curiosité, le regard bienveillant en empathie ou critique et constitutif que « je » porte que le monde autour de lui. » FH

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8 commentaires

  1. Moi aussi j’essaye parfois de faire rentrer la musique dans mon corps. J’adore cette sensation. C’est pour ça que j’écoute toujours les mêmes chansons quand j’écris. Ce sont celles que j’ai envie de faire entrer en moi avant de les recracher sur le papier.

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