Je déteste ceux qui m’enlèvent la solitude sans me tenir compagnie. Nietzsche

Assise au fond du café, bien calée entre le radiateur et la baie vitrée. J’observe.
La rue qui s’illumine, la pluie qui crépite, le monde qui s’agite entre comptoir et tables. J’observe ce flot humain comme on regarde le mouvement des vagues.
L’air de rien, aux aguets, je scrute. Visages, paroles, allures, intonations, odeurs, sensations…. Je m’immerge. J’emmagasine. Je nourris mon univers.

Solitaire, je tente de me faire oublier, je me dissous. Je me sens bien. Seule au milieu de cette foule.
Accepter cette solitude, c’est laisser le silence entrer en soi, sereine, et voir la créativité se déployer.  En chercher le rythme, l’harmonie, les voir poindre et, peu à peu laisser passer la cacophonie, le chaos, au loin. Accepter ce qui vient, sans autre envie que celle, étonnante de le partager. Après.

Revenir. Accepter sa part d’étrangeté, de singularité et tenter d’être avec les autres. Faire avec les « je », les « tu » et les « vous » ; tricoter une pelote et tirer le fil de soi(e) pour inventer une histoire. Fuir les faux semblants et les ‘je’ de dupe.

S’échapper à nouveau et revenir encore. Autre parmi les autres. L’écrire et en rire. Recommencer

  « Il est possible de détecter (…) un dilemme (…) qui relève de la coexistence des deux courants : le besoin urgent de communiquer et le besoin encore plus urgent de ne pas être trouvé. Cela explique peut-être le fait que nous ne pouvons pas concevoir qu’un artiste vienne à bout de la tâche qui occupe toute sa nature. » Donald W.Winnicott

bistrot paris                               Scène dans un bistro de Paris 4 –Christiane Jousset

 

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10 commentaires

  1. Bonjour Emmanuelle,
    Tu écris avec ton coeur, avec tes visions intérieures !
    Cette solitude dont Nietzsche fait état, c’est aussi celle qui est nécessaire à « une écriture inspirée ».
    Celle qui te galvanise quand tu te retrouves derrière la feuille blanche, ou ton clavier…
    En tout cas, moi aussi je suis FAN de ton Univers…Tu es brillantes, une qualité extraordinaire !
    Je te souhaite un samedi tout en douceur, avec la magie de Noël Emmanuelle.
    Tony

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  2. Tu me parles à l’oreille interne. Rien à voir avec celle qu’on laisse balader en laisse. Non, l’intime, celle qui ne se promène pas gueule ouverte.
    Vois-tu j’ai grandi à St-Germain-des-Prés,. A l’époque rien n’était fini, tout était à faire, mon troquet était le Mabillon. Et j’y avais comme mes poteaux, mon oreiller dans le coffre du dossier de ma banquette. On y dormait quand la fermeture venait nous ouvrir l’avenir. Et, crois-moi, il n’y a pas eu tromperie. Pas un des purs de cette dernière hauteur parisienne, ne m’a trahi.
    Bienvenue chez moi Emmanuelle.

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