Suivre sa voie, un risque trop grand ?

La photo qui illustre ce texte a été prise dans le village d’Urmatt, au coeur de la vallée de la bruche, en Alsace.
J’ai découvert cet endroit à l’occasion de pérégrinations solitaires pour l’écriture de mon roman (je vous en reparlerai bientôt). La coïncidence (je m’appelle Hourmat (prononcé Hourmatte)) m’a interpelée, mon amour des déplacements ferroviaires et des voies ferrées, une aubaine que j’ai saisie.
En prenant cette photo, j’ai imaginé les pas de ceux et celles qui, hier, demain, traversent la voie, les baisers langoureux sur le quai de gare au moment du départ, les âmes solitaires cherchant vainement un regard connu, les enfants excité.es au moment du départ en vacances, les rituels des déplacements pendulaires.
J’ai aussi pensé à ceux qui l’ont construite, aux premiers trains qui s’y sont engagés, à l’histoire de l’Alsace.
J’ai aimé cet endroit et la métaphore m’a semblé belle : écrire est un voyage où personnages et paysages, atmosphères et sentiments vous accompagnent, sans bouger de votre siège.

Je ne l’ai pas su tout de suite mais, une fois engagée dans l’écriture de cette histoire,  j’ai réalisé que mon chemin était là, comme sur des rails.

Alors bien sûr, l’horizon s’éloigne de gare en gare, et les aléas du voyage m’invitent souvent à la patience, au changement de train et aux aller-retour. Mais l’envie demeure intacte. L’intention est là, et ne me lâche plus. Malgré les doutes, les critiques, les interrogations, j’écoute et suis ma voie,  ma voix.

Certain.e.s y verront du courage, une liberté à conquérir, d’autres une facéties de plus, un caprice, une déroute, une prise de risque trop importante.
Aujourd’hui où le sentiment d’insécurité semble dominer (peur de perdre son emploi, peur d’être rejeté.e, peur de ne pas faire les bonnes études, de ne pas avoir les bons réseaux, de ne pas être reconnu.e, peur de jugements sans complaisance…), assumer sa part de rêve semble illusoire, quasi condamnable.
Quel dommage !

Il est vrai qu’  « (…) A l’échelle de la vie quotidienne, le risque est souvent d’établir une rupture délibérée avec les routines d’existence ou de métier. Il implique une visée de découverte, d’exploration. »  Et cela nécessite de la confiance, en soi, dans les autres.

De plus, il est difficile de mesurer les conséquences de ses choix.  «  La décision la plus risquée au départ est parfois la plus judicieuse (…) la plus tranquille pouvant se révéler une chausse-trape redoutable ».
Alors que faire ? Suivre et écouter sa voix sans doute.

Pour illustrer mon propos et vous donner du grain à moudre et matière à réflexion, je partage cette histoire  tiré d’un ouvrage de David Breton que je vous conseille Sociologie du risque – en savoir plus
Faites-en bon usage !

« Un vieillard vivant seul avec son fils perd un jour son cheval. Ses voisins viennent le soutenir dans sa peine, mais il les arrête : « Comment savez-vous que c’est un malheur ? ». En effet, quelques jours plus tard, le cheval revient de lui-même entraînant avec lui plusieurs chevaux sauvages. Ses amis félicitent le vieil homme qui les arrête à nouveau : « Comment savez-vous que c’est une chance ? ». En effet, le fils essaie de dresser les chevaux et se brise bientôt la jambe. A ses voisins éplorés venus le consoler, il répond : « Comment savez-vous que c’est de la malchance ? ». L’année suivante, une guerre éclate à laquelle le fils ne peut se rendre étant boiteux »

 

 

 

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